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RECHERCHES SUR MOUÈRE. 53
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apportant comme dot la méme somme de cinq mille livres attribuée à tous les enfants de Jean.Poquelin. Déjà en 1634, une cousine de Marie Cressé, Agnès Asselin, s'était retirée au monastère des Bénédictines de Montargis, « voulant prendre l'habit en ladite religion1. » Les registres des Visitandines et des Bénédictines de Montargis ne se trouvent ni au greffe du Tribunal civil de cette ville, ni aux archives de la préfecture du Loiret à Orléans ; peut-être ces registres auraient-ils donné les dates de mort de la sœur utérine et de la petite cousine de Molière ; peut-être auraient-ils indiqué si ces couvents avaient pour habitude d'envoyer des sœurs quêteuses jusqu'à Paris8. Ces questions se présentent à l'esprit lore-qu'on se reporte aux derniers moments de Molière racontés par Grimarest d'après le témoignage de Baron : « ll resta, dit-il, assisté de deux sœurs religieuses, de celles qui viennent ordinairement à Paris, quêter pendant le carême et auxquelles il donnoit l'hospitalité. Elles lui donnèrent à ce dernier moment de sa vie tout le secours édifiant que l'on pouvoit attendre de leur charité, et il leur fit paroître tous les sentiments d'un bon chrétien, et toute la résignation qu'il devoit à la volonté du Seigneur. Enfin il rendit l'esprit entre les bras de ces deux bonnes sœurs; le sang qui sortoit par sa bouche en abondance l'étouffa8.» Cette circonstance est confirmée dans la requête adressée par la veuve de Molière à l'archevêque de Paris*. Il ne serait donc pas impossible que
1. Document n° XXVI et note du même document.
2. M. Maupré, archiviste du département du Loiret, a bien voulu me répondre à ce sujet que les documents provenant du couvent de la Visitation de Montargis, conservés aux Archives d'Orléans, ne sont que des titres de rente ou de propriétés foncières. La seule supposition permise par ces papiers est que les dames de la Visitation, ayant, vers 1660, étendu à grands frais la clôture de leur monastère de Montargis tandis qu'elles fondaient un couvent à Melun, elles purent sortir alors pour réclamer les secours de la charité. Les actes de professions, vêtures et sépultures conservés au greffe du Tribunal civil de Montargis ne sont pas antérieurs à 1737. Il n'y a plus de couvents à Montargis et le bâtiment des filles de la Visitation est occupé aujourd'hui par la sous-préfecture.
3. La vie de M. de Molière, 1705, in-12, page 291.
4. Histoire de Molière, par M. Taschereau, 3- édit., page 260.
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